L'entretien que Bud et Dirty m'ont très
gentiment accordé via myspace ( et on peut dire qu'ils ne se
sont pas foutus de la gueule des lecteurs potentiels de ce blog
...).
Petit rappel avant de leur laisser la parole
.
My
grilfriend is better than yours est le groupe dans le
groupe joue Olivier
Marguerit et je dois à ce dernier ainis qu'à sa
compagne une fin de
soirée heureuse ( c'est jamais gagné d'avance ,
ça ...).
Merci à eux .
( Ndlr : l'honnêteté intellectuelle qui est la
mienne me pousse à vous avouer que les "ndlr" qui ponctuent
l'entretien sont de Bud et Dirty . Fais chier , pour une fois que
j'aurais pu passer pour un mec vraiment marrant ...)
-Next : A vous deux : petit historique du
groupe ( formation , etc.).
Dirty (ndlr:
un garçon très mignon): j’imagine que notre groupe
s’est formé quand on s’est rencontré. My girlfriend is
better than yours est un projet d’amoureux pour moi, ces chansons existent parce qu’elles parlent de
notre rapport amoureux, elles sont pleines de ‘blagues’
qui ne font sans doute rire que nous mais parce
qu’elles font partie de
notre langage amoureux.
Bud(ndlr: une sorte de bombe atomique): Oui, ce groupe
n'existerait ni sans l'un ni sans l'autre. Pour ma part je ne me
considère pas comme musicienne et c'est un luxe que Dirty m'offre
(ndlr : ils s’embrassent amoureusement avec la langue).
J'ai toujours eu un rapport extérieur; un rapport de mélomane à la
musique : mis à part quelques vieux mauvais souvenirs de
conservatoires, je n'aurais jamais pensé faire de la musique un jour. Le garçon que
j'aime m'a réconcilié avec la création musicale et de surcroît,
écrire nos chansons ensemble m'amène à penser qu'aujourd'hui
n'importe qui est capable d'écrire une bonne chanson, ce qui est
faux, et vrai à la fois. Nous n'avons pas du tout l'esprit de
contradiction, bien au contraire. (comme la morale de Ratatouille
le dit : tout le monde ne peut pas être un grand cuisinier
mais un grand cuisinier peut naître n’importe ou en
n’importe qui).
- next A Dirty Holy : quelle place
donnes-tu à ce groupe dans les nombreux projets musicaux auxquels
tu participes ?
Dirty : en gros je
considère que j’ai trois types de projets. My girlfriend is
better than yours où avec mon amoureuse on compose, écrit,
enregistre etc. Chez Syd Matters et les Chicros, je suis
musicien-membre du groupe. Je participe aux arrangements, aux choix
artistiques etc. Dans les autres projets dans lesquels je
participe, je suis musicien, c’est à dire que je joue ce que
l’on me demande de jouer. J’essaye de coller aux envies
du compositeur, d’apporter une sorte de
touche.
Bud:Je
note que mon amoureux est très pris ces temps ci. (ndlr : ils
font une partie de feuille- pierre-
ciseaux)
- next : Comment
composez-vous ?
Dirty : absolument
avec aucune méthode. Souvent des rêves, parfois des idées qui
traînent, parfois des concepts. Je pense que tous les deux, on fuit
les méthodes de toute façon. Il n’y a rien de pire quand tu
fais de la musique ou toute activité créative que d’avoir une
méthode, une recette. Nous cherchons je crois à faire des choses
nouvelles pour tous nos morceaux, expérimenter à chaque
fois.
Bud: Expérimenter, c'est excitant. La musique est pour
moi un truc abstrait, il me semble qu'ensemble on peut tout se
permettre, aller très loin en fait. Dépasser ce que tu crois que tu
ne pourrais pas imaginer et qu'en fait tu imagines. C'est comme les
gens qui s'étonnent de certains phénomènes dits surnaturels. Nous
ne faisons pas partie
de ces gens là car nous croyons dur comme fer au pouvoir surnaturel
de la nature! Le surnaturel n'existe pas, nous sommes tous des
êtres incroyables. Je suis du genre à tout pouvoir croire, le
désavantage c'est que je passe parfois pour une cruche (ndlr :
elle mime la cruche), l'avantage c'est que je vais souvent plus
loin que ce que je pensais pouvoir. Je m'étonne toujours de tout.
Je ne suis réticente à aucune forme de folie à partir du moment où
elle raconte quelque chose de
merveilleux.
Vous avez lu Alice au pays des
merveilles?
-next : Comment les musiciens
"extérieurs" s'intègrent-ils à votre groupe sur scène
?
Dirty :Une
nuit on les a fait boire énormément et à la fin de la nuit, quand
ils étaient bien bourrés, on leur a fait signer un contrat qui les
lie à vie avec nous. Ils nous paient même pour avoir la chance de
jouer avec nous. On les a un peu roulés, en même temps ils sont
tellement chouettes et bons musiciens qu’on voulait
absolument jouer avec eux (ndlr : elle lui fout son poing dans
la gueule). Plus sérieusement, on
arrive avec nos chansons enregistrées à la maison et on leur dit,
‘bon faut jouer ça’ et puis comme ils s’en
foutent un peu ils jouent autre chose et ça donne quelque chose de
très bien. Il est important sur scène de rechercher autre chose. Le
studio et la scène c’est différent, il faut jouer sur
d’autres émotions, d’autres
intentions.
Bud:
Mon mec a trop regardé Phantom of Paradise, pas si bon qu'on le
dit, d'ailleurs. Moi j'aime beaucoup
nos compagnons de scène, quand ils sont là. Je dois dire que je les
aime tout court. Vous savez un musicien, c'est beau quand ça prend
son pied. On espère prendre notre pied souvent encore
longtemps.
-next : D'ailleurs vous définissez-vous
comme un groupe ?
Bud:
ouais. Dedans il y a Jonathan Morali, Jean Thévenin, Jean-Yves
Lozac'h. Ce sont nos
chouchous.
Dirty : vu qu’à la base on est
deux, on est déjà un groupe à l’origine. L’apport des
trois autres ce fait naturellement au moment où il faut jouer sur
une scène. Quand on monte sur scène, on est un groupe, un
vrai.
-next : Quelles influences
revendiquez-vous ?
Bud:
Nous revendiquons Robert Wyatt, Syd Barrett, Wendy Rene, Lewis
Carroll, Dostoïevski, Godard,
Tarkovski, des gens bien quoi.
Dirty :
énormément et donc aucune. Nos influences sont autant musicales que
cinématographiques ou littéraires voire pornographiques
(ndlr : Dirty renverse son verre de gin sur sa chemise, il est
complètement bourré). Nous écoutons énormément de musique et de
groupes différents mais je ne crois pas qu’il y ait un groupe
qui nous apparaisse comme une influence. Et puis de toute façon, ce
n’est pas à nous de dire ou de comprendre nos influences,
elles sont inconscientes.
- Vous n'avez pas encore commercialisé ,
semble-t-il , d'enregistrements de vos morceaux : s'agit-il d'un
choix qui correspondrait à votre démarche ou , tout simplement ,
attendez-vous de le faire ( si 'est le cas, vous attendez quoi ?
).
Dirty :nous
nous apprêtons à sortir un 45 tours et un mini-album très
prochainement. Nous n’avons rien sorti
précédemment car nous voulions nous sentir prêts, avoir des
chansons dont nous nous sentions suffisamment fiers pour les faire
écouter au monde entier. Le moment est venu. Notre conquête du
monde ne fait que commencer.
Bud:Je
n'ai rien à rajouter. Ah si, vive
Henri Bergson! (ndlr : Bud se fout à
poil)
- next :Pour ma part ,
en ce moment , je coince sur Diane Cluck et Fugazi ? Et vous ? Vos
coups de coeur du moment ?
Dirty : moi
je coince sur Hburns, the good, the bad & the queen, ‘I
wish I was that girl’, une chanson de
Wendy Rene et puis toujours Radiohead.
Pour nous c’est un des derniers grands groupes.
D’ailleurs ce qui nous a fait le plus plaisir
depuis le début de ce projet, c’est
quand Thom York a écouté nos chansons et nous a dit qu’il les
trouvaient mortelles.
Bud:Ce
qui est drôle dans un couple, c'est qu'on peut être très très
amoureux l'un de l'autre et tendre vers des choses très
différentes. Quand Dirty est punk je suis rockabilly, quand il est funk je suis soul, quand il
est folk je suis blues. Je vais pas vous faire un dessin (ndlr: Bud
se met à faire un dessin avec des poules et une maison). Moi je
coince sur chaque particule d'émotion retenue quelque part entre le
rythme épileptique d'une boîte à rythme et les gémissements de
Robert Wyatt.
-next : Votre position par rapport au
téléchargement illégal ?
Bud:Bizarrement
notre société matérialiste se dématérialise, nous nous
dématérialisons. En contre partie de tout ça, quelque chose
résistera toujours je crois: l'instant
fait de chaire et d'os. Le live ne mourra jamais car nous avons
trop besoin de sentir la sueur (avec ou sans clope), les corps, les
émotions en direct d'un moment de vie. Ou bien je m'en vais voir
ailleurs si j'y suis.
Dirty :aucune
position. Je m’en fous un peu que les gens téléchargent de la
musique gratuitement. Ce que je trouve dommage, c’est que du
coup, ils n’achètent plus de
disques. Un disque pour moi c’est un objet, ça crée des
souvenirs, des moments. Quand j’étais petit je regardais les
vinyls de mon papa et puis des fois je les écoutais, il y avait
presque quelque chose de religieux là dedans. Personnellement ça me
déprimerait un peu que mon fils découvre la musique en écoutant des
mp3 dans mon Itunes.
- next :Quel regard
portez-vous sur la " nouvelle scène française"
?
Dirty : C’est
quoi la ‘nouvelle scène française’ ? Premièrement
je me méfie des ‘scènes’ et encore plus quand elle est
française. Il y a plein de choses super en France mais elles sont
super parce que justement elles ne font pas partie d’une
scène ou d’un son du moment. Dominique A c’est très
bien, Arnaud-Fleurent Didier, incroyable, Arthur H cool aussi. Par
contre les Cali, Pauline Croze, Moriarty où je ne sais quoi,
c’est pas trop pour moi (ndrl : Dirty met un disque de
Pascal Obispo).
Bud:Cette
question est floue. Je veux bien essayer de répondre quand même.
Passons l'expression "nouvelle scène française" qui ne signifie
jamais autre chose que toujours la nouvelle nouveauté (par
conséquent toujours quelque chose d'autre que le truc précédent).
Si tu veux parler des gens qui chantent en français, je n'ai rien à
en dire. J'aime trop la littérature pour daigner écouter la moindre
demie seconde d'un de ces trentenaires célibataires à moitié
dépressifs baragouinant des banalités grotesques. Je n'aime pas les
gens "à moitié". Si tu penses à la nouvelle obsession des médias (musicaux) à s'intéresser de façon
hystérique, envieuse, frustrée et presque pédophile disons-le à
tout ce qui ressemble à de la très jeune chair bien fraîche
(souvent manipulés par des parents mal intentionnés et que
j'affublerais des mêmes adjectifs que pour les médias...) ce n'est
qu'une névrose (peur de la mort évidente, mal de mer, boulimie
attardée) exprimée parmi d'autres. Que l'on s'intéresse à tous sans
limite d'âge c'est très bien (quoi que j'attends toujours le groupe
de garage composé de retraités), cependant s'il s'agit
d'aller chercher le premier cri du
nouveau né pour en faire le dernier tube de punk-disco à la mode,
passons. Je m'égare, eux aussi. D’ailleurs j’ai jamais
fait de sociologie de ma vie.
- next : Pourquoi pas
de textes en français ?
Dirty : Alors si,
sur le prochain album il y aura un morceau en français. Nous ne
nous interdisons rien avec My girlfriend. Français, Italien, Ouzbek
peut importe (ndlr : Dirty ivre mort, tente quelques mots en
Ouzbek le doigt pointé vers le ciel, l’œil menaçant)
(ndlr bis : Il commence à m’inquiéter sérieusement).
L’important est de réussir à faire sonner les mots.
L’anglais est bien parce que dès que tu veux chanter quelque
chose d’un peu pop (avec une vrai mélodie) ça marche. Pour
les autres langues il faut trouver une façon de les faire
sonner.
Bud:Il
faut arrêter avec cette question. Où a été inventé la pop? En
Angleterre, c'est bien ça. Le jour où on voudra faire du krautrock,
vous savez en quelle langue on
chantera. Pareil si on se met à l'opéra. Il y a quand même des
trucs évidents dans la vie non? Mais pour revenir au français,
certaines chansons (pop) de Polnareff, Françoise Hardy, Gainsbourg,
Katerine ou Brigitte Fontaine me font
pleurer.
- next : Livre(s) / film(s )
de chevet ?
Dirty :Tout
Jacques Demy (en commençant par les parapluies de Cherbourg),
le cinéma indépendant américain assez
largement. Du côté livres, Emmanuelle pour les émois que ça à créé
en moi dans ma jeunesse, ou encore Le zéro et l’infini de A
Koestler pour les mêmes raisons.
Bud:Je
m'abstiendrais de faire la liste exhaustive et chiante de mes films
favoris. Quand je serai grande (le
suis je déjà? merde ) je voudrais être cinéaste. C'est un rêve et
aussi une nécessité. J'y travaille en ce moment
même.
Pour les livres, vous voulez vraiment la mort
de vos lecteurs? J'ai malheureusement (et bienheureusement aussi)
passé cinq années de ma vie à l'étude de la littérature
(ndlr : Bud sort son livre de Mark Levy). Je ne vous ferai
donc pas de liste non plus, je lis souvent plusieurs livres à la
fois. Récemment Le portrait de Dorian Gray m'a donné l'envie de
relire Dostoïevski, qui m'a renvoyé à Henri Michaux (allez savoir
pourquoi), puis Bataille qui m'a expédié chez Alice aux pays des
merveilles...
Mon chevet est une baleine tellement grande
que je n'en vois pas la fin.
(ndlr: ils repartent dans leur navette
spatiale vers un ailleurs inconnu à ce
jour)
Le lien qui
tue :
La
page
myspace du groupe , à visiter d'urgence ( en pensant bien à
écouter pour commencer " on my sofa
" !!!