On ne doit rater aucune occasion de parler deJohn Cunnigham , de le faire connaître , de faire en sorte que justice lui soit rendue et qu'il vende un peu plus de disques ( c'est peut-être accessoire , mais pas tant que ça finalement ).
Je laisse la parole à Coolbeans qui ,dans le cadre de son jeu quotidien (A Tombouctou sans mariachis " , à découvrir si ce n'est pas encore fait !!) évoquait hier soir celui que je considère comme l'un des plus grands et émouvants songwriters vivants .
Un très bon billet , vraiment . Merci Coolbeans .
"D'emblée, nous situerons
musicalement John Cunningham. Si vous aimez l'album de Cardinal ou
ceux des seuls Richard Davies et Eric Matthews, vous serez en
terrain connu. Celui de la pop (ici légèrement
teintée de folk) qui n'hésite pas à emprunter
des chemins de traverses souls et jazzys pour dérouter
gentiment l'auditeur. Chaque chanson de cet album est un
ravissement aussi bien dans l'écriture que dans la mise en
sons. Mais que Cunningham soit un orfèvre pop presque unique
en son genre est une peccadille à côté de ce
qui me préoccupe réellement aujourd'hui.
Car John Cunningham est l'archétype même de l'artiste
qui devrait avoir un succès énorme dans un monde
moins cruel pour les gens de talent. Qu'un type comme lui en chie
des ronds de chapeau pour sortir un disque tous les cinq ans quand,
dans le même temps, tant d'artistes sont recrutés
à des fins mercantiles par des maisons de disque peu
regardantes sur la qualité des produits qu'elles distribuent
à travers le monde et enchaînent les sessions de
studio pour inonder l'univers de vétilles musicales, c'est
un véritable scandale. Un de ceux, malheureusement, pour
lesquels on n'est même pas prêts à monter les
barricades tant il y a, c'est vrai, d'autres choses autrement plus
graves contre lesquelles se révolter. Et pourtant, si l'on
n'y prend garde, c'est l'avenir de la culture indépendante
qui est en jeu.
Et il faut rendre grâce à tout ces petits labels qui
permettent à des types comme John Cunningham d'une fois de
temps en temps sortir un disque. Aujourd'hui on remerciera les
micro-labels français comme les Disques Mange-Tout. Demain on
espère avoir l'occasion de remercier par exemple la
structure Microbe ou bien
encore Talitres.
Parce que, mine de rien, monter et faire vivre une telle
entreprise, de nos jours, c'est un travail titanesque et un bel
acte de résistance politico-culturel. Messieurs, donc,
puisque je sais que certains me liront, je vous suis
éternellement reconnaissant. C'est grâce à vous
si j'écoute en ce moment même une musique qui ravit
mes oreilles et me met les poils grave ; c'est aussi grâce
à vous si je retrouve parfois la foi en un monde meilleur,
un monde où John Cunningham sortirait des disques quand il
le voudrait, où son talent serait reconnu par tout ceux qui
auraient aimer l'entendre passer sur les ondes des radios du
service public. Arrêtez- moi si je me trompe mais il me
semble bien que ces gens sont les preuves vivantes que l'on peut
vendre des disques en aimant plus la musique que l'argent, que
c'est donc possible d'avoir encore une conscience et que la vie
peut encore être utilisée à courir après
la Beauté de toute chose plutôt qu'après le
confort matériel.
J'ai sûrement un ton mélodramatique en écrivant
tout ceci mais, que voulez vous, l'injustice me met toujours hors
de moi.
Et John Cunningham, au rayon injustice, je vous prie de croire
qu'il est en tête de gondole !"


daniel
lun 09 jun 2008 18:18