
« Loin des
capitales rock, au fin fond des Cévennes, Piers Faccini continue
d’écrire la belle histoire d’un folk sans patrie avec
Two Grains of Sand, un troisième album sublime. »
C'est en partie à cause
de critiques comme celles-ci - aussi ridicules et mal écrites que
téléphonées – que je m'étais jusqu'à présent refusé à écouter
ce Piers Facinni qui semble avoir mis en émoi le journaliste des
inrocks cité ci-dessus . (
Ici il est carrément en lice pour le titre de
« beau gosse de l'été » …).
C'est aussi parce qu'il
porte un semblant de barbe . S'il y a bien en effet un fléau
redoutable dans le monde musical actuel ce sont tous ces barbus à
sandales , aspirants Neil Young qui nous assomment à coups de
titres pénibles au possible . Dans le meilleur des cas , ils ne
sont pas très connus ( qui se souvient de Will Oldham, cette endive
? ) , ou bien leurs chansons sont utilisés pour meubler le vide qui
règne dans des séries telles que Grey's anatomy . Il y en a
des tas chez aqurium drunkard et J-P en a même
récemment vu un en concert à Dijon ( il nous en parlera
d'ici peu ) .
Ils sont partout
.
Pour ma part , je n'ai
pas fait le déplacement pour aller voir ce type dont j'ai oublié le
nom ( forcément , des barbus qui font du flok il y en a un paquet ,
la preuve
ici ) : les arpèges sont délicats ,certes , mais où
est la voix et que reste-t-il de ces morceaux aseptisés après deux
ou trois écoutes ? Rien .
Un Jack Johnson , quoi
.
Ou bien pire : un Paolo
Nutini , le Nick Drake des fans de taratata .
Paolo Nutini qui a joué
avec Piers Faccini , d'où mon refus d'écouter un énième succédané
de folk intimiste .
Il aura fallu que Benoît
m'alerte pour que je me décide à jeter une oreille sur le dernier
album de ce chanteur ….
Alors comment dire , je
pense que ...peintre
figuratif sans école, il n'était alors connu que dans le milieu de
l'art. Pourtant, Faccini l'ascète a eu très tôt le désir d'être
traversé corps et âme par la musique : cette morale
jusqu'au-boutiste, il l'a acquise à la fin de l'adolescence, sur
les bancs d'une université incomparable, celle du blues. Il a
trouvé chez Skip James ou Mississippi John Hurt une beauté brute et
universelle que la pop n'avait pas su lui offrir.
Non, je déconne , c'est
encore un extrait
d'un article naze des inrocks ( enfin,
un article des inrocks, quoi ).
Plus sérieusement (
parce qu'à un moment , hein , il faut arrêter les conneries et être
un peu sérieux ) il y a ce titre là ( celui qui est en écoute
) , qui a été le premier titre que j'ai écouté cette semaine et qui
a aussitôt sonné comme une révélation salvatrice : ainsi un artiste
qui se produit en 2009 peut me toucher , alors que je finissais par
ne plus y croire , tant j'ai écouté ces dernières semaines un
nombre assez incalculable de groupes vides de tout qui me
rapprochent dangereusement de ce stade ( inévitable ? ) où je
décréterai comme tant d'autres avant moi que oui , finalement,
c'était mieux avant …
Alors merci Benoît de
m'avoir fait découvrir un chanteur qu'il est hors de question de
laisser aux seuls amateurs de Ben Harper et de Paolo Nutini et qui
n'est pas responsable de ce qu'il fait écrire aux journalistes (
qui sont en général assez ridicules qund ils essaient d'évoquer
l'univers de Faccini ; je n'ai pas la prétention de faire mieux
qu'eux , je me contenterai donc de vous exhorter à écouter
ce
très beau " The wind that blows "
).



La bUze
jeu 17 déc 2009 19:39